mardi, juillet 12, 2005

Orgueils, pirates des (alors impossibles) eaux calmes.

Appelez-moi marin d’eaux troubles, mon âme est junky, je m’autopirate.
La modération je la pense, rarement l’applique.
J’ai le spleen aussi, ça craint, et ça se délice ; sans modération.
J’ai le mot facile, le sentiment solide, la peau multiforme, de l’énergie sous forme de barrettes d’émotions et sans doute aussi de robustesse innée, et j’aime me décrire, parler de moi, me raconter, bref j’ai ce petit penchant, ce mignon péché du moi.
Je vis de faux chagrins et de vraies désolations, m’effondrer est malaisé, me relever plus encore. Je veux dire, je rebondis, mais les marques restent en tout cas je le pressens, ce n’est plus ce que ce fût, et encore on rebondit, jusqu’à une prochaine lointaine île de recueillement, les îles de recueillements, lorsque l’océan de ses pensées à la carte de ses exigences fut traversé bien seul, puis on s’amarre la végétation est belle et capricieuse, les animaux mystérieux les langues de rochers anciens et même ancestraux se délient, ça fait des toboggans ces langues de pierre, et se déverse l’exotique de l’île, exquis !
Mais déjà.. ce n’est plus que mirages, mensonges, tromperies, et pas même reprise la mer que l’embarcation reprend l’eau, goût truqué, goût sauvage saveur abrasive, allez, matelot sur le pont, sur les mats de l’obstination, c’est cela obstine-toi, il y a tant encore de larges à prendre.
Alors on prend le large sans conviction, sans le choix à vrai dire, on n’aperçoit plus que profondeurs à n’en plus finir, à n’en plus se ressaisir, bref, on plonge. Attitude sous-marin j’ai des vagues à l’âme. Et je plonge.

À y penser, à comment dire, à envisager les horizons, disons, à se projeter une bonne fois pour toutes loin loin loin !
Eh bien,
Trop orgueilleux pour le bonheur, la fierté ne se satisfait point des choses simples, trop au courant que pour ne point plonger, trop chahuté de long en large que pour ne chavirer avec délice, l’accoutumance de l’exile ! Trop ci trop là, de ses extrêmes rarement extraie-t-on la sérénité, encore moins de ce vain orgueil d’un autre à atteindre que le qui intérieur, le qui intime préférant jouer comédie d’un suprême orgueil de démesure, et moins, bien moins encore ne voit-on germer sérénité de l’infernale la redoutable envie que l’on s’évoque en son for intérieur de l’autre, le qui étranger que l’on espère, sur qui volontiers l’on projette son être et ses attentes ses délires aussi, la corrompue image que l’on se fait, que l’on se ment ; on voudrait l’autre à l’image de son orgueil, tout comme on se veut reflet du lac intime de ses propres profondeurs. Et on plonge. Trop d’orgueil trop de débordements trop de mensonges toute comédie doit savoir tirer ses rideaux, sans songer même, ô plus profonde, cette taciturne rayonnante les jours de comédie, la vie si courte qui fuit à tous vents, quelle embardée marins ! À l’abordage compagnons d’infortune, une scène doit se jouer, alors jouez-là, c’est la vôtre !
Aux trésors des profondeurs, et aux eaux troubles qui envoûtent...