samedi, juillet 30, 2005

Les couches de la vie

J’avais faim, j’ai mangé. Rassasié on ne pense plus de la même façon, plus les mêmes instincts, plus la même férocité de l’âme, le jeûne fait de nos pensées des irascibles, des fleurs de peau, mais j’ai mangé, j’ai comblé la brèche, maté la rébellion, place au calme, si on veut...
Souvent les gens vous racontent leurs salades. Cyniques, comiques... les amoureux aussi, les plagieurs et les beaux gosses de la plage, les filles méchantes les garçons crâneurs, tout ce petit monde vous prend dans sa macédoine de bluff d’esbroufe, de parlote et babillage, et bobards, et quoi, du gazouillis ! On ne devrait pas trop juger, et laisser à l’autre sa nuance mais il faut bien prendre le problème par un bout, alors on tente quelque idée, on conçoit, on contourne, on médite et on continue, par ci par là. Pas facile de penser. Moins encore en rapporter les dires, faire ses écrits.
Il y a tous ces descripteurs. Mince, alors là ! Ceux-là c’est pas de la tarte, que du flan... J’ai cette conviction qu’à notre ère des images plus que jamais doit-on décrire toujours au service de l’ambiance des émotions et de la pensée et c’est là un exercice rarement rencontré de manière satisfaisante par les auteurs. Ils manquent systématiquement quelque chose et ce, tout en débordant de tout et n’importe quoi ! A la limite je peux comprendre, (pardonner ?), un Zola, à son époque sans doute devait-on détailler son journalisme mais en ce cas alors, ne sort-on pas du cadre littéraire ? Cadre que j’attache intiment au beau qui transcende. Décrivez-moi, décrivez-nous de l’indescriptible ! Voilà ce que j’en pense, que j’en demande, en espère et en attends. Je vois bien que la pluie remplit les flaques et le soleil comble les jours, je conçois tout aussi bien qu’une moustache n’est pas un favori et que la redingote ce fut chic longtemps mais de grâce que l’on touche, du moins qu’on s’y attelle, à l’inaccessible, franchir l’infranchissable, voilà les mots du beau, voilà où je les veux. Pourtant chacun fait comme il peut. Ça va ! Je commence à connaître la chanson, normal, c’est moi qui l’ai chantée bon sang ! Une chanson ça se chante vous me direz. Je concède je concède...
J’ai envie de reparler des cyniques, des méchant(e)s, des vil(e)s et perfides. Je lis de ça et là, de par la toile et ses innombrables blogs, des récits bien souvent hautement cyniques. Non, retirez le hautement, cynique tout court convient mieux, d’ailleurs souvent la fluidité narrative de ces cyniques tombe court, tombe bas, certes comme chez les ‘doux’, le (non)raffinement ne se confinant guère aux notions si arbitraires de bien et de mal, je concède, je concède... Toujours est-il que les cyniques à force je les ai sur la dent ! Je n’ai pas encore croqué, mais je commence à sérieusement les mâchouiller. Et qu’en retires-je ? Pas grand chose, sinon frustration méchanceté gratuite et complaisante, bêtise gratinée, intelligence bornée, autosatisfaction sinistre et sordide sous-jacent. La recette du- de la cynique ; surtout la cynique, je garantis. Oui, j’insiste plus sur la que le, car les filles ont de par leur nature tendance à plus refouler, à prendre sur soi sensiblement par opposition aux garçons plus enclins, en général, à (se)défouler, à crever l’abcès des autres plutôt qu’à s’en mordre les gencives. D’ailleurs il n’y aurait qu’une fille pour essayer de se mordre la gencive, si si... Elles ont mal cependant feront tout pour vous prendre de haut, non pas qu’il y ait un quelconque lien prouvé entre vous et le mal, mais c’est pas grave, la frustration aime à mordre à tout va, c’est leur va-tout, somme toute. Il est incroyable, le nombre de blogs méchants, infatués de complaisance s’il vous plaît, un sport ! L’être blessé blesse, c’est un cycle, on sait ça, on sait... Fier il se rebiffe, il lacère pour ne plus voir que le sang des autres, du camouflage ! En attendant faut supporter. Insupportable. Dans la vie outre blogueuse, la vraie vie diront certains, elles piquent aussi mais moins, moins de talent au face à face, l’écran ça aide, c’est le moment sans doute d’expulser du trop contenu, du trop malade, là tout au fond, bien cramoisi depuis longtemps. Alors Vlam qu’on agresse, un sport, je vous le dis.
Â... nuances nuances, venez à notre secours, venez nous tolérer, on aimerait nous aussi tolérer. Mais ce n’est que l’âge qui arrive et les premières rides calment l’aigreur, tempérèrent la hardiesse des morsures, les farouches humiliations, la condescendance vaniteuse, pire! elles renferment plus encore le sujet, ce n’est plus de l’adolescente cruauté, ni du sadisme de jeune fille, c’est de la pourriture du bas-ventre, le mal est profond, et il ne s’extirpe alors que rarement, l’aigreur est totale, complète, achevée. Ne s’adoucissent bien souvent que les déjà douces, c’est comme ça, les rides ne font jamais que se creuser dans les mêmes sillons, chacun reste dans sa tranchée, chacun son combat me dit-on, j’accepte j’accepte...
Mais la nuance vint à mon secours et voilà ce qu’elle eût à dire.
Chacun fait comme il peut.
Ah ! Sacrebleu, par les cornes du diable, bon sang de bon Dieu, infernal ! Pourtant oui, chacun fait selon ses moyens. Dur à avaler cette pilule mais c’est comme ça. Seulement à tout relativiser s’en sort-on, je veux dire, est-ce bien raisonnable, ô... la raison nous dicte effectivement les nuances néanmoins est-ce raisonnable, y aura-t-il issue, si pas heureuse, au moins possible ? Sera-t-elle cette issue ? On n’en sort jamais de la relativité, regardez Einstein !
Parce qu’alors impossible de prendre position, ce qui en soi est propre au riche de la tempérance mais nous sommes matières, quand même ! Il nous faut du compromis, voilà tout. Ce n’est pas rien, je sais, je sais... Non mais, imaginez là, que vous voulussiez à tout prix relativiser tout ce qui demande à nuance. Eh bien, vous êtes sacrement dans l’impasse car à tout englober, causes et conséquences, raisons et événements, le meurtrier commet l’horreur car c’est en lui, pauvre diable! Mais oui ! La preuve, prenons du marquant, de l’extrême, vous seriez pour la plupart j’ose l’espérer, incapables de couper un innocent gosse de cinq ans (non pas qu’à 6 ans cela devienne plus commode)en morceaux pour le plaisir de l’anatomie, par (odieux)exemple, vous en seriez incapables car ce n’est pas ‘en vous’, nous y arrivons... Le pire des assassins, le monstre d’entre les horreurs, l’âme affreuse, corrompue jusqu’à la moelle, cette anomalie, oui, cette anomalie... En fait anomalie dans le sens de anormal, en dehors de la moyenne humaine, mais tout à fait compréhensible pour qui observe un tant soit peu la nature car chez les animaux il en est des fous, des rageux de naissance, alors voilà, chez nous, nous ces animaux si développés, donc enclins à la complexité, nous les êtres issus de l’évolution et sa course à la complexité croissante, créatures finales jusqu’à présent, de ce processus effréné de raffinement du vivant et de ses capacités, ses sensations, nous l’homme nous sommes de par nature profonde, encrée, innée, développée bien avant l’époque où nous étions hommes, nous sommes les sujets de toutes les variantes de la nature, nous sommes multi-natures seulement toutes les natures ne s’accordent pas ensemble, l’unisson n’est pas le thème de notre chanson, et plus loin encore, dira-t-on que certains feraient mieux de s’éviter, certaines natures sont antagonistes au point de la survie, de la ‘place’, mieux vaut s’en aller vers les siens, oui, parfois il est sage de s’isoler. Ce n’est le propos de mon idée ci-présente, je me perds en digression. L’idée est que, pour reprendre un peu le fil de ma pensée, on aurait tendance à juger, se confortant par la sensation d’être ‘bien à propos’ alors que dans l’absolu de la pensée, si l’on souhaite concevoir chaque problème dans toute sa splendide complexité, c’est-à-dire entouré de bien d’autres problèmes, on doit relativiser à outrance, à plus soif, relativiser au-delà du possible, ajouter mille nuances à la déjà plus petite nuance et ne jamais sortir, alors, du terrain de la pensée qui conçoit. On perd dès lors en applicabilité sur le terrain, non plus de la pensée, mais de nos actes nos comportements qui bien qu’induits par nos pensées ont besoin aussi de leurs instincts, ont besoin d’un peu de tranchant, pour ainsi trancher à la fin ! Sinon on n’en sort plus. J’ai de chef pris l’exemple frappant du meurtrier de la pire espèce, celui qui inspire effroi et dégoût, celui dont on se demande ‘comment peut-on commettre de telles atrocités’ ; il apparut que cet exemple est à comprendre selon une réflexion plus large, plus englobante, selon cette conscience que la nature des hommes et des animaux plus primitifs est un long processus, cheminement fastidieux de raffinement, d'affinement. Une course au complexe. On se trouve par conséquent en présence d’une infinité de tempéraments et comportements induits. On dira que les contextes vécus les expériences subies nous façonnent, certes. Mais le matériau de base demeure, appelez-le patrimoine génétique si vous voulez, moi ça me semble pas mal comme approche. C’est en lui et lui seul, cet inné, ce potentiel matériau de base, que les événements viennent gratter, sculpter, modeler, parachever notre être, en cela nous sommes déterminés par avance, dès le jour de notre conception (on peut chicaner sur le développement cérébral de notre embryon qui s’en suit les jours suivants mais ça se réalise ‘intra muros’ et à partir de la cellule génétique unique de départ), et même à y opposer ‘qu’on a le choix’ parmi un éventail de possibles selon ce à quoi nous sommes confrontés, ce fameux choix dépend lui aussi du matériau de base, ainsi que des événements précédents, dont les applications à notre être, leur mise en expérience, dépendirent aussi, en leur temps, du matériau de base enrobé de son acquis d’alors, et ainsi de suite jusqu’à remonter au noyau initial, la vierge copie de notre inné... Donc notre réactivité dépend de notre inné ainsi que des couches successives d’acquis. Compte tenu alors, de cette relativité de nos choix, de cette restriction de liberté, de cette prédisposition innée, de par l’être que nous sommes et que nous sommes devenus selon notre inné confronté à son contexte, lui aussi presque imposé – en tout cas à la naissance puis on est emporté par le courant des bases acquises au départ et les changements de cap sont bien difficiles et eux aussi dépendent de notre faculté innée au rebondissement, donc on en revient au matériau de base, les dons de la nature si vous préférez (cf. Baudelaire, l’ami Charles) –, compte tenu de cette relativité du choix volontaire disais-je, en ce sens que notre volonté est nous, elle n’est voulue que parce que nous sommes égaux à nous-mêmes, si nous étions nés un autre nous voudrions autre chose et autrement, face au même problème ou à un autre, compte tenu de cela, nous sommes très déterminés, très esclaves finalement de la nature, de notre nature, on ne s’en relève jamais vraiment, et si on s’en relève, c’est elle encore qui nous le dicte, elle nous y oblige. Alors, j’y arrive, comment pourrait-on en vouloir au monstre ? Il est lui-même ! Eh bien, certes, et d’ailleurs ce constat est une source de tolérance et de compassion, toutefois nous sommes matières et il faut parfois trancher, tant bien que mal, avec le meilleur compromis de nuances possibles, alors on tranche, on se protège, on va avec les siens et on les protège aussi, tout est dans l’affinité, vraiment. La sagesse c’est de le comprendre, l’accepter est une autre paire de manches...
On pourrait voir cette réflexion de la sorte :
À la conception, spermatozoïde + ovule, on a d’entrée de jeu un patrimoine qui va dicter la manière dont cet être nouveau réagira en fonction de ce à quoi il sera confronté, il ne réagira pas autrement que ne lui permettent ses possibles innées réactions, évidemment il n’applique effectivement que ce qu’il lui est permis de faire selon les contraintes extérieures, mais il le fait en fonction de lui-même, son ‘déterminé’, sa nature propre. On pourrait élargir le raisonnement à ce qui fait que son patrimoine est ce qu’il est, remonter de génétique en génétique, se demander quelle part d’intervention, de modification, pour quelle part de modelage le milieu extérieur intervient, en se demandant la place de l’être au sein du grand tout, mais alors on peut remonter jusqu’au big bang et les aléatoires, si on peut parler d’aléatoires, de l’évolution, l’humain n’en étant qu’une extrémité fort évoluée. Exercice de pensée des plus intéressants mais pas pour aujourd’hui. Merci d’être indulgent. Nous avons donc ce nouvel être et son inné, vient ensuite se greffer le développement fœtale, plus ou moins 9 mois, pas mal, ça bouge ! C’est déjà un environnement, et le cerveau continue de se développer en cet environnement assez hermétique, assez fermé, protégé, bien que déjà vaste, il est relié à un être complexe, ne l’oublions pas ! Bon, arrive la naissance, ‘l’expulsion’. Nous avons donc un être aux possibilités innées, le noyau dur, auquel s’est greffé un développement ‘sous scellé’, une première couche, maintenant le monde si vaste va greffer ses événements sur cet être et il y réagira en fonction de ce qu’il est au moment précis où les contextes l’interpellent, c’est du direct, chaque nouvelle couche vient se greffer en direct de notre état, mais ça se gâte, des galeries se creusent, il y a même des passages secrets (ça c’est un poète qui l’a dit...), et d’autres couches encore se superposent, on s’épaissit, mais toujours, à l’instant de nos choix parmi les possibles qui nous sont présentés, toujours on dépend de ce qu’on est et dès le départ il y eut notre noyau dur qui modela sa première couche d’influence en fonction de ce qu’il fût prêt à recevoir, et ainsi de suite sa croissance. Chaque créature, une boule, une masse de couches superposées à son noyau central, et entre elles ? Oui parce que les événements qui viennent se ‘coucher’ sur nous, ils contiennent d’autres acteurs n’est-ce pas... Eh bien c’est là que revient cette notion d’affinités, avec certains il y aura interaction ‘positive’ de couches acquises, peut-être même, c’est même fort probable affinités de noyau dur, et deux êtres différents pourront peut-être un peu, ou beaucoup s’enchevêtrer, et ce plus ou moins heureusement, bien que cette notion elle aussi, comme toujours, soit sujette à subjectivité. D’autres par contre ! D’autres seront de parfaits incompatibles, des êtres profondément opposés, non pas de caractères, mais vraiment opposés de nature, en ce sens d’incompatibles, non pas la belle et la bête, mais des êtres dont la mise en commun, dont la mise en présence ne pourra que générer l’altération physique et mentale de l’un ou de l’autre, probablement des deux. C’est là qu’intervient la sagesse, sans doute quelque couche de ce dangereux pour notre constitution spécimen est bonne à prendre, vu que cet être est si différent, qu’il vient buter à l’encontre de notre nature la plus innée et qu’il y ait donc, on peut le supposer, expérience à acquérir, extrême à toucher, mais si il y a abus il y aura dégât, beaucoup de dégâts. Peu de gens le comprennent. Vraiment peu. Ce n’est pas du compartementalisme rigide de natures, de l’idéologie bête et méchante, c’est respecter sa nature, en prendre soin. Mais les faux humanistes vous raconteront leurs salades leurs balivernes comme quoi chacun a sa chance, tous peuvent changer... FOUTAISE !! L’humaniste déjà, c’est limité, faut être un ‘naturiste’, au sens noble du terme précises-je, un universaliste, l’univers et ce qu’il est, ce que nous lui sommes, ce que nous sommes, ce que nous pouvons être et ce que nous ne pourrions être. Complexe... Je l’avais dit, rien inventé je sais, juste ma pensée, innée sans doute ? Ô savez, après tout ce qu’il a été dit, nuançons, nuançons, mais outre la nuance, il y a le noyau, cela j’en ai la conviction à ce jour, et on ne fait pas tout ce qu’on veut, toujours, on le sait maintenant. On fait ce qu’on peut.

7 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Un bisou en passant...

*Réflexion*

T'as pas tord pour le cynisme au féminin...
Val

10:57 AM  
Blogger Olivier said...

Merci pour le bisou! (miam)

11:23 PM  
Anonymous Anonyme said...

Personne n'écrit ?
Personne ne lit...
ah ah...
Lothar. (en souvenir du pitre).

4:15 PM  
Blogger Olivier said...

C'est le genre de souvenirs que j'aime autant enterrer.

7:30 PM  
Blogger Olivier said...

Ah oui, et si c'est toi Lou, je ne te pensais pas si fielleuse, enfin, on en apprend tous les jours, l'homme est un délice, et certaines femmes une indigestion...

3:30 AM  
Anonymous Anonyme said...

EH ! je n'ai rien fait moi !
Comme si j'étais dans tout les coups fourrés...
Et puis il a signé d'abord !

7:03 PM  
Anonymous Anonyme said...

passage-hagard.blog.com

1:02 AM  

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